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Best of films 2008

Added 11/1/2009


Trop scotchée sur internet, cette année on ne peut pas dire que j'ai fait beaucoup d'efforts pour suivre l'actualité ciné, mais je me suis quand même arrangée pour voir quelques films pas mal alors voici le top 2008 pas dans l'ordre évidemment (j'ai pris comme référence les dates de sortie en France pour déterminer l'année)

No country for old men, par les frères Coen


Ce qui ne cesse de m'étonner avec les frères Coen , c'est que les constantes dans leurs films: descriptif des bizarreries de l'Amérique profonde, comme s'il s'agissait d'un "pays exotique", une caméra objective qui fouille tout en gardant une certaine distance... Enfin que ces constantes n'empêche absolument la très grande diversité des films et des styles des frères Coen.  Ici en l'occurence c'est un film très sobre qui narre  l'envie, la volonté de se conformer au rêve américain, la peur emmènent des américains à priori normaux dans un cercle de violence inoui sans fin, malgré tous les efforts du sherif du coin pour ramener tout ce monde à plus de mesure. C'est la vieille amérique face aux folies de notre temps, qui sent son pays lui échapper.

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Mesrine de Jean François Richet



C'est un film historique et biographique, qu'on se le dise, on est là pour apprendre les évènements qui ont jalonné la vie de Jacques Mesrine , ennemi public n°1, fût un temps, et pour avoir ce qui a contruit le personnage et le mythe. Mais ce n'est pas seulement ça, c'est aussi un polard à suspens terriblement efficace.
Le film est en deux volets: Ennemi public n°1 et L'instinct de mort.

Bande annnonce 1
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Gomorra de Matteo Garrone



Une chronique de la Camorra: la cosa nostra en moins hierarchisé et plus napolitain. au travers de portraits de plusieurs personnages le film nous entraîne dans la spirale de violence de cette mafia, sans pour autant perdre le côté documentaire qui pointe du doigtla misère, la ghettoisation , la quête du profit à tout prix, le chômage et le surendettement.
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In Bruges de Martin McDonagh



Une comédie sous fond de thriller: deux tueurs sur gages anglais vont se planquer à Bruges (en belgique) après un meurtre qui a mal tourné sous l'ordre de leur boss,  avec des personnages aussi divers et inclassables qu'attachants , avec une réflexion sur la perception des individus et des lieux et ce qu'il en reste.

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Khamsa de Karim Dridi



J'avais déjà parlé de cet excellent film tunisien qui a eu le Tanit de Bronze aux JCC

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 it’s a free world de Ken Loach



J'avais déjà également parlé de ce film qui vient questionner les valeurs de chacun et comment on peut passer de l'autre côté de la barrière sans même s'en rendre compte

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Julia de Erick Zonca



Ce film repose presqe entièrement sur les épaules d'une femme Tilda Swinton: histérique, volcanique, folle, dure et humaine à la fois. Elle s'est accrochée à son personnage d'alcoolo qui cherche à tout prix sa chance et son rêve américain quitte à jeter dans le puits tout ce qui faisait d'elle une personne , croyant pouvoir renaître de ses cendres grâce à l'argent comme ce qu'on enseigne à la télé réalité. Elle s'embourbe dans une histoire d'enlèvement complexe avec plusieurs morts à la clé, et s'y accroche comme un demi-mourant à la voiture de son chauffard jusqu'au sursaut.

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 Juno de Jason Reitman



Cette Comédie bien enlevée, aux dialogues savoureux raconte le parcours d'une ado enceinte qui veut faire adopter son bébé. C'est drôle et se re-voie sans problèmes plusieurs fois de suite.
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 La  zona de Rodriguo Pla



Terrifiant film imaginaire? sur les banlieux sécurisées.

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Cherry blossoms de Doris Dorrie


Délicate ode au souvenir et à l'esthétisme

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Soyez sympasrembobinez de Michel Gondry



Ca fait drôlement penser à VHS Kahloucha (peut être un peu trop) , c'est drôle, rythmé et efficace.

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There will be blood de Paul Thomas Anderson



Ca m'a fait pensé au film Géant avec James Dean , en plus long, mais les décors, l'histoire en elle même sont impressionnants, une vraie saga.

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Mensonges d'Etat de Ridley Scott



Un film à suspens, très prenant efficace , avec quelques bonnes analyses de l'actualité.

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Californiadreamin' de Cristian Nemescu



Une comédie légère sur les relations de l'Amérique avec ses pupilles, tellement légère , que la fin est un véritable choc. pour le coup ça me rappelle " les démons à ma porte" film chinois dont je reparlerai un de ces quatre
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Into the wild de Sean Penn



L'appel de la vie sauvage , mention spéciale à Emile Hirsch, tout à fait crédible en jeune chien fou, qui à force de vouloir à tout prix être authentique et enlever les couches superficielles que la civillisation lui a collé , finit par se perdre lui même
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Les liens du sang de Jacques Maillot



L'éternelle histoire des frères ennemis , l'un flic l'autre criminel. Je la trouve beaucoup mieux réussie et plus prenante que "La nuit nous appartient" par exemple

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Ticket to Palestine

Added 29/12/2008


Par référence à "ticket to Jerusalem" de Rachid Macharawi le réalisateur palestinien né à Gaza, voici un petit aperçu des films de ce réalisateur  , étonnant qu'on puisse avoir une telle lucidité dans un tel chaos.

Extrait d'interview
"Because the law was still the Israeli soldier on the street, they can take you, put you in jail, and you are not allowed to ask why. They can forget you inside. But I also discovered early the power of the moving image, and telling about our situation by art, not violence or shootings, but in this language I can tell my story - our story. In this media, it will bring us somewhere."

"Even if I will stay all my life in the camp, I am standing on Jaffa ground in the camp because I'm a refugee with a problem, and we are working to solve this problem. We did not yet, but the problem still exists. But if we did not solve the problem, and suddenly the problem does not exist anymore, than how could we solve it? So when they make this Peace Process I feel like someone takes the ground - which is Jaffa -out from under my feet in the camp. I'm still in the air, on nowhere in the camp, and this connection between me and Jaffa - they cut it. It's clear, any further agreement, they will not talk about Jaffa now, so it is clear that refugees will stay refugees, they will not move anywhere. They will change the title, not of the house, family or neighborhood, just it is not the Israeli Occupation, but Palestinian Authority, or State in the future. It's not Jaffa."

Ticket to Jerusalem
L'histoire est celle d'un projectionniste palestinien qui va de camp en camp de réfugiés pour diffuser des films aux enfants . Une prof l'approche un jour pour qu'il fasse une projection à Jérusalem même . C'est le début de l'aventure, comment être autorisé à entrer à Jérusalem en étant palestinien , comment trouver le matériel nécessaire pour la projection, comment vit une palestinienne dont la propre maison est occupée (elle occupe le rez de chaussée , une famille israélienne le premier étage)
C'est la vie quotidienne et son lot d'exaspérations , de disputes, de petits ennuis , qui sont en réalité le vrai personnage principal de l'histoire.





L'attente




Un réalisateur palestinien , s'apprête à quitter les territoires occupés pour toujours , fatigué de la cause palestinienne , il finit par accepter malgré lui une dernière mission auditionner des acteurs palestiniens dans les camps de réfugier pour le futur théâtre palestinien. Un vrai démarrage à l'iranienne (typique des films iraniens ) somme toute, une situation rocambolesque qui va mener le héros plus loin qu'il ne le veut et dont il va ressortir une symbolique sur les personnalités des individus et les relations humaines. Dans notre histoire donc le réalisateur se heurte à chaque fois à des situations difficiles absurdes pour aller dans les camps de jordanie, du liban , de syrie , etc. Flanqué de deux militants de la dernière heure de la cause palestinienne en guise de cameraman et d'assistante : il demande aux acteurs et pseudo acteurs de jouer "l'attente".

Qu'on se le dise , c'est mon film préféré de Rachid Macharawi, d'abord parce qu'il n'y a pas de pause dans ce film on passe direectement de la crise de fou rire aux moments d'émotions, ensuite parce qu'il donne une idée sur les réflexions et les espoirs des réfugiés des camps qui n'ont qu'une idée en tête rentrer.
Et puis surtout pour la plus savoureuse des fins: l'équipe bloquée encore une fois hors des frontières pour des raisons toujours inconnues demande ce qu'elle doit faire et on lui : "il faut attendre , attennndre..."

Encore un extrait d'interview
Le personnage du caméraman est issu d’une famille de martyrs. Est-ce pour représenter le passage à la guerre des images ?
C’est d’avantage pour moi le moyen de critiquer comment lespalestiniens font du cinéma. Deux de ses frères sont en prison, et sononcle est mort en martyr : si vous cherchez un bon opérateur, unmaître, on vous présente alors une personne dont tout le monde dira« C’est le meilleur ! Il filmait quand Israël a bombardé l’antenne detélévision ! Il a deux frères dans leurs prisons ! Son oncle est morten martyr ! ». Drôle de manière de choisir son caméraman… Ca en ditlong sur notre société.
La journaliste, nièce du directeur du futur théâtre, est-elle moins làpour faire son travail que pour pouvoir passer les frontières et avoirl’occasion de revoir son père.
Comment est-il possible de faire du cinéma dans cette situation, quandtout ce qu’on attend d’un cinéaste est qu’il relaie l’Intifada, lamartyrologie, et supporte le drame palestinien dans son ensemble ? Nousaimerions faire des comédies, des satires, mais c’est impossible aveccet état de faits. Alors j’ai voulu parler de cinéma, du cinémaPalestinien.

Votre personnage principal est très ironique faceà ce projet (imaginaire) de « Théâtre National Palestinien », unThéâtre National pour une nation qui n’existe pas, et dénonce lesfinancements européens.
C’est que la cause palestinienne défendue par l’Europe n’a pour nousaucune valeur. Nous n’avons pas le sentiment d’être soutenus pour quenous puissions à terme maîtriser notre destin, mais de l’être parce quec’est « à l’ordre du jour ».
Si on nous aide à financer une télévision ou une radio par exemple, etqu’un jour Israël bombarde ces installations, il suffit alors pour euxde nous supporter à nouveau pour reconstruire tout ça. La question neserait-elle pas d’avantage de construire la nation palestinienne ?C’est politique, chacun veut être moralement sauf en faisant quelquechose. Alors ils nous aident à bâtir un aéroport, puis lorsque Israëlbombarde cet aéroport construit avec l’argent européen, l’Europe ne ditpas un mot. Idem pour le port de Gaza, bombardé - plus rien - puisremis en chantier. Ils ne nous aident que parce que nous figurons dansleur agenda…

Leila's Birthday



J'avais déjà parlé de ce film très court et sympathique découvert lors des JCC, une journée dans la vie d'un ex-juge intégre et droit actuellement chauffeur de taxi à Ramallah ,  et sa confontation avec les absurdités de l'administration palestinienne et de la vie dans les territoires.

Intervention divine de Elia Suleiman

Celui là aussi j'en ai déjà parlé lors des JCC, faut-il rajouter que je l'adore?



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Un film qui n'est pas palestinien mais qui aurait dû l'être

Private de Saverio Costanzo



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Une histoire qui aurait pu être réalisé par Rachid Macharawi, et qui s'avère être réalisé par un italien  inconnu au bataillon et dont c'était la première réalisation... ça une première réalisation! c'est à ne pas y croire!
Un huis clos qui vous tient en halène du début jusqu'à la fin, où tout à un sens où chaque scène est étudiée. Chapeau!
L'histoire raconte celle d'une famille palestinienne ordinaire habitant dans une villa en haut d'une colline, cette villa est réquisitionnée par l'armée israélienne : ils ont alors deux choix soit rester mais vivre dans une seule pièce de la maison : le salon. Soit partir (c'est d'ailleurs ce que des voisins à eux ont fait) . Le père (campé par le magnifique Mohamed Bakri acteur également de Layla's Birthday) intègre et têtu tient absolument à rester avec toute la famille dans la maison, s'ensuit une cohabitation houleuse entre vexations , peurs,  et dialogues silencieux . Et où chacun réagit différemment : le père dans la résistance silencieuse, la mère dans la panique, le fils dans la violence, la fille au début dans la révolte mais ensuite dans l'observation  de ses curieux voisins , différents et semblables, cachée dans une armoire.
 C'est un microcosme de société qui vit là , le conflit israélo-palestinien dans une villa à un étage, à la fin surtout la réaction des israéliens est celle d'enfants insociables et terriblement seuls sans maison et sans famille qui s'en approprient une et pleurent quand ils doivent partir.


Et last but not least, le seul film israélien que je suis arrivée à trouver en Tunisie:

The bubble de Eytan Fox

Bon , il faut vraiment être muni d'un minimum d'ouverture d'esprit pour voir ce film, et surtout ne pas être muni d'une calculette à la place du cerveau à compter les points entre palestiniens et israéliens.



Pour moi ce film se divise véritablement en deux parties : la première est géniale , la deuxième est trop convenue à mon goût. La première partie donne une idée sur la vie dans la bulle (surnom d'un quartier branché de Tel Aviv) , et l'activité des jeunes israéliens pro-palestine à travers deux jeunes gays et leur copine (hétéro ), leurs confrontations avec les sionistes notamment dans les check points et aussi leurs propres contradictions (bien que la contradiction passe juste en flash), le style est rythmé et arc-en-ciel  façon téléfilm allemand avec les niaiseries mais ces niaiseries appartiennent véritablement aux habitants de la bulle qui se sont isolés de la dure réalité pour pouvoir vivre leur jeunesse malgré tout.
Dans cette première partie également commence le traitement de l'histoire d'amour entre un ancien appelé sur les checkpoints et un jeune palestinien (oui, oui ils sont gays tous les deux) , comment est ce que le réalisateur a réussi à représenter ça, sans fausse note , sans condescendance et sans (trop) d'idéalisme on se le demande .
La deuxième partie , à partir du retour du palestinien chez lui en fait, est à mon avis trop convenue, comme fabriquée spécifiquement, elle ne sort pas naturellement, mais ça n'empêche pas le film d'être à voir.

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Cine Latino

Added 27/12/2008


Décidément , ma paresse me perdra. Il y a de cela une semaine déjà, j'ai assisté à un spectacle de tango argentin. La dernière fois que j'en ai vu un il y a un an, cela a été prétexte à parler des films et des livres qui ont montré de la meilleure façon l'érotisme et le désir ici. Cette année ce sera moins chaud on va faire le tour du cinéma latino américain.

Et on commence avec la plus melting pot des production, une œuvre brésilienne, chilienne , péruvienne, argentine , américaine, j'ai nommé "Carnets de Voyage" de Walter sales.




Je trouve perso que l'affiche ne correspond pas au film , elle est seulement là pour faire plus de pub autour du personnage principal. En effet il s'agît d'un intermède de la vie de Ernesto Guevara avant qu'il ne devienne le Che, et d'un voyage qu'il a entrepris à travers l'amérique du sud alors qu'il était étudiant en médecine, avec un copain médecin aussi , sans aucun sou en poche et sur le dos d'une moto déglinguée surnommée la vigoureuse. Le film est tiré des mémoires du Che.
C'est un road movie qui se laisse regarder avec plaisir , avec ses paysages magnifiques, ses personnages tous différents et tous semblables représentants d'une même Amérique latine, ses clins d'oeil au futur Che par la profonde humanité et le manichéisme (au sens figuré) du personnage .

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Les brésiliens

Central Do Brasil de Walter Salles
Encore un film de Salles,  . Un film incroyablement émouvant , sur  la rencontre d'une femme bourrue qui ne croit plus à grand chose ancienne institutrice,  écrivain public à la gare centrale de Rio, et d'un garçon têtu et droit qui vient de perdre sa père et qui part à la recherche de son père .
Certes l'histoire peut paraître un peu conventionnelle , mais le duo d'acteurs Fernanda de Montenegro et Vincencius de Oliveira en font quelque chose de magique. Mieux le film a su s'intégrer complètement dans la réalité sordide du Brésil en lui redonnant un visage tout en maintenant le cap de ce road movie. Magnifique travail sur les couleurs et les lumières soit dit en passant.



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La Cité de Dieu de Fernando Mireilles et Katia Lund

Ce film qui fonctionne comme une autobiographie , un docu scotché à la réalité, au dynamisme époustouflant, comme le tir d'une mitraillette , une matraque qui vous met KO. C'est le parcours et le passage à la vie adulte d'un enfant noir des favelas de Rio comme nombre de ses amis il fréquente les malfrats , fait plus ou moins partie de leur monde. Sauf qu'ici nos ne voyons pas ce monde par les yeux de n'importe qui, c'est gamin intelligent aspirant photographe à l'oeil malicieux qui nous mène par la main et nous fait voir l'ironie, le sourire dans la violence la plus atroce. C'est véritablement jouissif !





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Extrait

La vie peu ordinaire de Dona Linhares de Andrucha Waddington

C'est le moins qu'on puisse dire de cette dame marié à un vieux ronchon paresseux dans un village perdu, et qui accumule les "maris" et les enfants de différents de différents maris, c'est sympathique , léger et ça fait plaisir.




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Le cubain

Fraise et Chocolat de Juan Carlos Tabio et Tomas Guiterrez Alea

Ça fait un bout de temps que j'attendais l'occasion de parler de celui-ci, un film extraordinaire bardé de prix, qui parle de la rencontre un artiste intellectuel et gay, et d'un jeune homme élevé façon Castro, révolutionnaire et hétéro.
De ce qui débute par une opposition : (glace à la ) Fraise et (glace au) chocolat . Et qui se transforme sous nos yeux , c'est un film culte émouvant au possible et à voir absolument.




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Les mexicains

Amours chiennes de Alejandro Gonzalez Inarritu

Malheureusement , j'ai beaucoup de mal à me souvenir des détails de ce film à part qu'il est génial et qu'il raconte plusieurs histoires qui tournent autour du thème de l'amour, mais un amour dégradant qu'il soit en lui même dégradant ou que les protagonistes vivent une situation dégradante par ailleurs. C'est faible , mais bon.




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La zona de Rodrigo Pla

J'ai vu le film y'a pas trop longtemps, c'est une sorte d'enquête policière à suspens sur fond de critique sociale . L'institution de zones résidentielles  auto administrés avec leur propre police et leur propre juridiction, augmente le fossé entre les classes sociales et entre quartiers pauvres et zones. Un incident , l'introduction de jeunes délinquants dans la zone, va être l'élément déclencheur de la critique du système , de la société. De ce qui est parti d'un besoin de protéger le droit et qui a finit par un totalitarisme aveugle et la négation de tout droit. Incisif! On a vraiment peur du coup.




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Les argentins
Deux films de Carlos Sorin qui ont un point commun qui est de raconter des histoires très simples à la base mais qui accrochées à l'humanité de ses personnages comme à une bouée de sauvetage
Le premier film est un ensemble de trois histoires: un vieil homme à la recherche de son chien, un homme qui va apporter le gâteau d'anniversaire à la femme qu'il aime, et une jeune femme gagnante d'un jeu télévisé
Le deuxième film raconte l'histoire d'un homme la cinquantaine au chômage qui se voit offrir un chien de race et décide de le faire participer aux concours.

Historias Minimas




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Bombon le chien



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Le fils d'Elias de Daniel Burman
Je déteste répéter ce que d'autres ont dit, mais c'est totalement vrai, ce film est par un cousin fictif de Woody allen , pour le côté journal intime, pour le personnage principal introspectif hésitant, pour le côté joyeux bordel, pour la quête identitaire (notamment à travers le père)



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Le péruvien

Dias de Santiago

Un film assez dur puisqu'il tourne autour d'un anti-héros , soldat de métier au chômage qui se confronte au monde réel comme un innocent se confronte au monde de la prison: indigné et révolté.



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Extrait

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Europa: bilan des JCE

Added 29/11/2008

Ces Journées du cinéma européen m'ont mis sur les genoux puisqu'ils venaient juste après les JCC , un bon crû malgré tout . L'équipe de Cinéfils c'était chargé de la présentation impeccable d'ailleurs, j'ai vu des présentateurs aux JCC qui avaient l'âge de mon père et s'en sortaient moins bien . Quoique au lieu de nous demander de ne pas faire de photos durant la projection ils auraient mieux fait de nous inviter à ne pas parler durant la projection , puisqu'on a eu droit à de nombreuses discussions à haute voix et en live , un service de sécurité à l'intérieur de la salle ce serait pas du luxe.
Autre bémol la qualité de la projection: trop de films en DVD et trop de couacs dans l'utilisation des DVD's, dommage pour certains films que j'aurai volontiers revu en 35 mm, et pour le film Alice qui a carrément été annulé
Donc voici la première parie du bilan en attendant la fin des JCE mercredi prochain

Les films Européens

Un secret de Claude Miller




Avec une flopée d'acteurs archi-connus : Cécile de France, Ludivine Sagnier, Patrick Bruel...
Mais ce n'est pas ça qui a sauvé le film de l'ennui profond dans lequel il m'a plongé. Certes la mise en scène est impeccable, mais quand on le secret en question est divulgué dès la première demi-heure et qu'on passe l'heure qui reste à ressasser des clichés sur la shoah ... On s'attendait à mieux de la part du réalisateur de Betty Fisher et de la classe de neige.

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Cherry Blossoms de Doris Dorrie




Un film qui suit deux axes: le premier nous parle de la difficulté du deuil et nous apprend à vivre avec les morts. Une femme déjà grand-mère Trudi apprend que son mari Rudi va bientôt mourir et n'arrive pas à le lui dire , et finit par mourir sans le lui apprendre c'est alors que commence pour Rudi le travail de deuil , il accompagne sa femme dans ce qu'elle aime faire et voir , apprend à la connaitre telle qu'elle était, chose qu'il n'avait pas fait de son vivant. Au grand dam de ses enfants , ces grands égoistes qui parlent d'amour en commençant par "moi je" alors que Trudi et Rudi commencent par "elle/ lui"

Le deuxième axe est une célebration de l'esthétisme , la réalisatrice qui est une fan de l'art japonais nous emmène à la découverte de la danse butô , et des cent vues du mont Fuji et de la musique japonaise à travers une magnifique BO (celui qui me trouve le mp3 de Chinsagu no hana de Ryuichi Sakamoto est mon héros)

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Formidable de Dominique Standaert



Une sorte de Road movie gentillet entre un naif au chômage et un père déboussolé tous les deux pris dans des dificultés inextricables et dont ils finissent miraculeusement par sortir. Ce qui aurait pû être très sympa n'était ce des longueurs inutiles en cours de chemin et n'était aussi l'acteur qui en voulant jouer les naifs souriants a fini par me taper sur les nerfs.

Northern Light de David Lammers




Ca fait penser aux frères dardenne par le style , une caméra à l'épaule près du corps qui fouille dans les sentiments des protagonistes sans te guider . Un père et un fils endeuillis qui ont perdu la mère et la fille dans un accident . Un père qui se réfugie dans le mutisme et dans sa salle de sport, un fils qui n'a plus d'autre recours que la provocation. C'est simple et émouvant en même temps. Ca un premier film! je serai curieuse de voir le dixième.

Diari de Attilo Azzola

Des confessions d'adolescents sous forme d'un conte des temps modernes , des Amélie Poulain en puissance , un film qui souffre un peu du manque d'expérience de ses acteurs en majorité des adolescents qu'on a formé sur place . Histoire d'une jeune fille abandonnée par son père dix ans plutôt , lorsqu'il revient elle va suivre ses cours de théâtre incognito, suivi de l'histoire du chagrin d'amour d'un jeune d'origine tunisienne dessinateur amateur  de manga . Les deux protagonistes se retrouvent dans la troisième histoire.



Les figurants de Michal Kewienski

Une radieuse comédie sur le choc des cultures entre une équipe de tournage chinoise et des figurants polonais . C'est très caricatural , léger et ça fonctionne.


 


Something like happiness de Bohdan Slama

C'est mon coup de cœur parmi les  films européens , un vrai plaisir à regarder que cette histoire de jeunes voisins miséreux vivant dans un même immeuble qui s'entraident , souffrent du malheur des autres , il y a tant de personnages à raconter une mère incisive mère poule qui veut assurer le bonheur de sa fille envers et contre tous, le père au chômage bienveillant un brin naif , il y a la tante un brin mamma à l'italienne accrochée à ses pierres, la jeune voisine à moitié folle négligeant ses deux jeunes enfants pour un homme marié, la jeune fille  qui pousse la tendresse jusqu'à prendre ces enfants pour un temps inconnu mettant entre parenthèse son propre avenir . Et puis il y a le jeune voisin sans-le-sous, le crève-coeur celui pour qui vous tomberiez volontiers amoureuse ,  l'épaule secourante ,  le perdant de toutes les batailles.

Et puis il y a le bonheur fragile ordinaire, celui qui transparait en filigrane  dans les insterstices du malheur, celui qui nous échappe des mains à chaque fois, celui qui est espoir. Une mention spéciale pour les acteurs tous parfaits des enfants aux vieillards c'est à ne pas y croire.




Bande annonce en allemand

Extrait

En bonus des MP3 de la BO:
I'm on the corner of your mind
Okolo hradista


Et puis les touristes de Robert Thalheim
Un allemand Sven vient faire son service civil à Auschwitz, il doit s'occuper d'un juif ancien prisonnier du camp dont l'ocupation principale est de réparer les valises de ces anciens compagnons morts et de mettre les bâtons dans les roues de Sven. Une façon bien plus originale d'aborder un thème rabaché cent fois. On y voit comment le devoir de mémoire est traité en buisness quand ce n'est pas en corvée, on y voit l'oubli et la difficile adaptation des anciens, et puis les touristes dans les anciennes rues des baraquements et la vie continue sur le terrain de la mort.




Bande annonce

Un franco 14 pesetas de Carlos Iglesias

Une famille espagnole dans les années 60, le père immigre en Suisse pour trouver du travail, ce filme tendre et drôle est une histoire vraie mais ce qu'on ne nous dit pas directement c'est que c'est l'histoire des espagnols mais c'est aussi la nôtre : l'émerveillement des espagnols devant la propreté , les moeurs et les techniques modernes de la Suisse de l'époque, c'est aussi celui des immigrés tunisiens d'une certaine époque. Le film d'ailleurs finit sur une galerie de photos représentant les immigrants d'hier (les espagnols) , et les immigrants d'aujourd'hui (les africains maghrébins et asiatiques)
C'est simple sans prétentions et efficace, pas mauvais pour une première réalisation de cet acteur espagnol




Films Tunisiens

Cinécitta de Ibrahim Letaief

J'ai bien failli crier Alléluiah en plein film. C'est bien la première fois que je regarde un film tunisien du début à la fin sans avoir absolument aucune remarque sur quoique ce soit. Par quoi commencer!: Il y a l'histoire d'abord une comédie conçue comme une paraodie truffée d'hommages au cinéma italien : La Dolce Vita, le voleur de bicyclette, la vie est belle , je crois avoir reconnu Rome ville ouverte même si je n'en suis pas très sûre. Et les Blues Brothers qui n'est pas italien mais qui s'intègre parfaitement dans l'hitoire , et visa le court de Ibrahim. Il y a une pléiade d'acteurs confirmés Mohamed Aly Ben Jemaa, Dora Zarrouk, Raouf Ben Amor, Jamel Madani... . Puis il y a le sujet : des cinéastes à qui on n'accorde pas de subvention décide de cambrioler une banque s'ensuit une foule de situation plus rocambolesques les unes que les autres, prétexte à tourner en dérision un système inefficace et quasiment tous les travers de la société tunisienne: corruption, culte de la personnalité, khobsisme, religiosité, censure, pudiponderie... d'une façon fine mais aussi tellement systématique que je me demande encore comment il a passé la censure.

Que dire de plus sinon que c'était un vrai plaisir , et vivement le prochain!

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Rapidement les courts et les docus

Le poisson noyé de Malik Amara, je l'avais déjà vu à je ne sais plus qu'elle occasion, comédie très sympatique et rythmé qui se moque en passant de quelques comportements récurrents dans nos enterrements, le plus drôle c'est que même les plus religieux ont apprécié cette comédie un peu borderline

Fooska de Samy El Haj, partie d'une bonne intention faire un truc à suspens et taper sur l'éducation nationale en passant , ce court pêche par manque de crédibilité, difficile de croire à un tel suspens pour un simple examen d'éducation religieuse , du coup difficile de croire au reste , plus quelques comédiens dont l'amateurisme se voit un peut trop

Dix courts dix regards: à diviser en deux : cinq bons voir très bons , et cinq à oublier.
On se contentera des bons: Rite de Emna Boulahya comédie assez originale au scénario bien rythmé avec Mohamed Ali Ben Jemaa dans le rôle principal,  Fée Male de Sawssen Saya: façon théâtre de faux semblants: des à priori sur l'homme à la femme et de ceux qui n'ont pas forcément envie de les suivre. Ciné-Siesta de Alia Nakhli (décidément que des filles) façon hommage au Cinéma paradiso , une scène caricaturale de salle de cinéma lors de la canicule de 2001 où les salles climatisée ont été prises d'assaut par le bon peuple
Lazhar de Bahri Ben Yahmed: comédie à suspens qui rappelle à moitié les films iraniens (la chaussure dans les enfants du ciel de Majid Majidi) qui nous coupe l'herbe sous les pieds vers la toute fin
Zarbout de Ons Kerkeni qui veut opposer l'innocence des enfants qui peuvent jouer avec une bouteille de boissons gazeuzes, aux complications des adultes qui cherchent à rendre l'enfant présentable , là encore ça me rappelle les films iraniens

Ouled Lénine de Nadia El Féni: autant on pouvait s'attendre à quelque chose d'extraordinaire d'après le titre , autant on est déçu puisqu'en fin de compte il ne s'agît que de l'opinion très généralisée de quelques membres du PC sur l'ambiance du parti et pourquoi ils l'ont intégré . Non pas que ce qu'ils disent n'est pas intéressant, mais enfin il n'y avait pas matière pour un film de 1h 24 qui a plus l'air du geste d'une fille à un père qui vieillit (c'est lui même qui dit qu'il vieillit) qu'à un vrai documentaire qui serait entré dans le détail du fonctionnement du parti et du rôle de chacun dedans , du travail quotidien , des missions effectuée , etc.

Rieh de Lotfi Mahfoudh, premier court d'animation, et donc je dirai plutôt bon braucoup d'idées créatives, de la poésie , c'est plus un court pour adultes que pour enfants. L'enfance d'un tunisien des côtes (je suppose du nord ou du cap bon) puis son adolescence , son départ à l'étranger et son retour au pays accompagné toujours par ses amours avec la jeune Mahbouba . De belles couleurs , de bons textes pas, des personnages biens définis, avec un fond comique. Mais malheureusement pas assez de fluidité dans les mouvements des personnages ça fait plus penser à des marionettes qu'à des personnages d'animation

Le projet de Mohamed Ali Hehdi (lauréat du prix Elyes Zrelli aux JCC) : j'aurai sans doute beaucoup plus apprécié cette critique fine et ascerbe de la langue de bois officielle lorsqu'il s'agît de parler de violence et crimes urbains, si les copains des protagnistes n'avait pas gâché la projection par leurs cris et leurs sifflements.

Voilà reste plus que quatre jours, enfin!

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JCC le bilan (finished enfin)

Added 2/11/2008


Après une semaine exténuante a regarder un minimum de 2 à 4 films par jour, le bilan

Cette session aura été la session de la rupture , rupture avec la FTCC (fédération tunisienne des cinéclubs) rupture avec un certain atmosphère un brin bohème, un brin polémique , un brin années 70 qui s'est institué depuis que Tahar Chriaa (qui a aussi été le premier président de la FTCC) a crée ce festival.C'était la rupture avec l'idée que les cinéphiles possédaient en quelque sorte le festival, remarquez bien que ça n'est pas arrivé du jour au lendemain , ça leur pendait au nez depuis quelques temps déjà.
Les JCC se devaient d'être compétitifs face à un festival de Marrakech qui est devenu un rendez-vous incontournable et ça passe forcément par un lifting complet: de la cérémonie, de l'organisation des débats et de la place accordée aux cinéphiles dans le festival.
Avec quelques couacs bien entendues , le manque d'habitude de certains professionnels de ce genre de protocole, la propention des tunisiens (cinéphiles compris) à réagir sur place émotionellement à chaque opinion exprimée que ce soit en applaudissant à tout va (notre sport favori) ou en encensant un film en compétition devant un jury censé être impartial, mais je suis optimiste sur les prochaines sessions.
Je le suis beaucoup moins par contre sur la place de la FTCC dans tout ça : trop occupéé à batailler pour les quelques gratuités et privilèges données aux cinéphiles (dont moi même) et considérées comme acquises, pour s'occuper de l'essentiel: débattre avec les spectateurs là où ils se trouvent, encourager toujours plus de nouveaux spectateurs à voir  , et créer toujours de nouvelles occasions pour que ces spectateurs puissent voir des films.

Je suis encore moins optimiste aussi sur le sort des salles de cinéma de Tunis, la rumeur cours que les prochains seront le 7ème art et le Parnasse tous les deux n'ont pas participé aux JCC contrairement à leur habitude, bref ça s'annonce mal pour deux parmi les meilleures salles de Tunis. Comme à chaque année tout le monde se demande où tous ces spectateurs ,capables de se battre pour un ticket durant les JCC , passent-ils le reste de l'année? Exemple type des questions idiotes , à 1 dt le ticket cela devient moins cher qu'un café dans l'avenue Bourguiba , et donc il est plus rentable de continuer sa discussion dans la salle, ce qu'ils ne se gênent pas de faire d'ailleurs . Nous sommes encore très loin d'en avoir terminé avec l'éucation cinématographique des tunisiens, c'est cela justement le boulot des ciné-clubs et c'est justement ce qu'en majorité ils ne font pas.



Au nive
au de l'affluence elle est toujours aussi importante sinon meilleure vu que le nombre de salles a diminué , surtout que les organisateurs pour d'obscures raisons (mais faciles à deviner) ont décidé de mettre les films en compétition au mondial et au Rio . C'est à dire la salle minuscule de feu Bahaeddine Attia, et une salle grande mais dans un état très limite . Alors qu'il aurait été plus logique de mettre le colisée et l'Africart puisque ce dernier à deux pas de l'hôtel aurait mieux convenu au jury , tandis que le colisée est assez grand pour contenir la foule qui vient d'ordinaire aux films tunisiens et palestiniens (ça a coûté au mondial une vitre durant Leila's birthday). Ne parlons pas de la honte de présenter à Emmanuelle Béart la rue Ibn Kholdun , une des rues les plus crasseuses de la ville que le jury parcours tous les jours à pied (puisque c'est à deux pas) et qu'on n'a même pas pris la peine de nettoyer , ni de la bloquer à la circulation (charmantes les sorties de salle au milieu des voitures)

Pour en finir je passe directement aux films et au palmarès, je dois dire que celui-ci ne m'a pas beaucoup étonné , beaucoup feront la remarque que Whatever Lola wants de Nabil Ayouch a été complètement oublié mais en fin fe compte ça n'a rien d'étonnant puisqu'il est le seul des films primables qui avait vraiment l'air d'un film commercial, tous les autres avaient des sujets et des façons d'aborder ce sujet entre guillemets "alternatives". Je continue donc avec les films que j'ai vu par ordre chronologique. (je vous épargne les deux films durant lesquels je me suis endormie de fatigue)

Tokyo sonata de
de Kyoshi Kurosawa: probablement l'un des films les moins étranges de ce réalisateur, ce qui ne l'empêche pas d'être très original. L'histoire d'une famille japonaise normale  dont le père est licensié et qui petit à petit perd pied et se désagrège. Chaque évènement les pousse encore plus près de l'humiliation et on les voie impuissants en train de se débattre dans un marasme qui est la conséquence d'actions tout à fait ordinaires. C'est un bon mélange entre mélancolie et comédie.
La scène qui m'a le plus frappé étant la scène d'adieu entre la mère et son fils et où celui-ci lui fait le salut militaire , je ne me souviens pas d'avoir jamais ressenti un tel vide à la vision d'une scène

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California Dreamin' de Cristian Nemescu : une jolie farce , un film burelesque qui donne une vision assez juste de la politique étrangère américaine représentée ici à petite échelle par une anecdote au cours du conflit du Kossovo. C'est sympatique légèrement long . Au début du film on nous dit qu'il n'a pas de fin puisque le réalisateur est mort dans un accident avant de le terminer , ce que personnellement je n'arrive pas à croire car quiconque a vu le film ne peut penser qu'il lui manque une fin, quoi qu'il en soit ce film posthume a réussi à avoir le prix un certain regard à Cannes

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L'oeuf de Semih Kaplanoglu: J'allais regarder le film chinois, puis par un retournement de situation comment on en voit souvent aux JCC , j'ai fini par regarder le film turc, et je ne le regrette pas n'en déplaise aux autres spectateurs qui y ont assisté. Le spectateur tunisien est un spectateur de divertissement , il va au cinéma pour se divertir pas pour apprendre, jusque maintenant je ne comprend pas pourquoi mes collègues acceptent parfaitement de lire un bouquin pour apprendre (quitte à ce qu'il n'y ait pas beaucoup d'action dans l'histoire) et qu'ils n'acceptent pas la même chose de la part des film?
Enfin bref l'oeuf est une histoire de solitudes qui se rencontres de gens simples qui ne communiquent pas beaucoup leurs sentiments et leurs tristesses. Un homme perd sa mère et rentre au pays pour l'enterrer , une parente à lui étudiante , habite la maison où elle s'occupait de la défunte . A chaque fois qu'il  projette de rentrer à Istanbul un évènement se produit et le force à rester , mais a t-il vraiment envie de partir?

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The visitor de Thomas Mccarthy:   Rencontre entre orient et occident sous fond musical , film traitant aussi de la question des sans papiers . Un brin comique, un brin sentimental pas mière pourtant , intéressant au contraire



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Eldorado de Bouli Lanners: Difficile de trouver un titre plus éloigné de l'histoire très originale par ailleurs d'un road movie en Belgique intégrant un homme et l'ex drogué qui a essayé de le cambrioler . Un brin burelesque puisque les héros ne font que  tomber sur tous ce que le pays peut compter comme dingues et déséquilibrés (à côtés desquels ces deux originaux ont l'air parfaitement saints ) , c'est original , sincère et insolite

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Leila's Birthday de Rashid Masharawy

Tanit d'argent, et prix d'interprétation décerné à Mohamad Bakri qui ne l'a pas volé (sans doute l'un des meilleurs acteurs arabes) , ce film raconte la journée folle d'un juge "provisoirement" chauffeur de Taxi à Ramallah qui essai de garder son intégrité et son respect des lois et de l'ordre dans le chaos ambiant. Comme à son habitude Rachid Macharawi nous offre un film léger auto-critique , une thérapie par le rire. Bizzarement alors que j'aurai donné l'or en 2006 à son film "l'attente" il n'a eu que le bronze, et maintenant que j'aurai donné le bronze à celui-ci il a l'argent !
On remarquera aussi que le film co-produit par Attia le fils , a été l'occasion pour Latifa Arfaoui (ne me demandez pas pourquoi de faire son m'as tu vu sur scène avec l'équipe) décidément !



La stella che non cè de de Gianni Amelio: Un film qui part de "la bonne volonté" justement nommé buonavolonta  qui par simple honnêteté et générosité va jusqu'en chine car il croit pouvoir aider à réparer une machine défectueuse avec pour seul compagnon une interprète chinoise. S'ensuit un road movie émouvant et très humain sous forme de voyage initiatique pour cet italien qui tient magnifiquement la route grâce aux principaux acteurs  Sergio Castellito et Ling Tai



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La maison jaune de Amor Hakkar : Il obtient le prix spécial du Jury , je lui aurai bien aussi donné un prix pour la musique mais il y a eu beaucoup de bonnes musiques dans ce festival. Un film qui retrace le long travail de deuil d'une famille qui a perdu son fils , c'est plein d'émotion contenue, d'innocence , voir de naiveté, foncièrement optimiste il arrive à nous faire espérer quelque chose de meilleur.

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Pavee lackeen de Perry Ogden : J'ai eu beaucoup de mal à me convaincre que ce film n 'était pas un documentaire. Et pourtant c'est bel et bien une fiction avec scénario et tout le toutim qui décrit le quotidien de ces enfants du voyage. Lorsqu'il a été présenté, le présentateur l'avait comparé au style des Dardenne (sans doute avait-il en tête Rosetta) , personnellement je l'aurai plutôt comparé à "Etre et avoir" , car Perry Ogden a poussé encore plus loin le dépouillement et le réalisme dans la réalisation et la photo, joué par des acteurs non professionnels on peut les comparer aux enfants "d'être ou avoir" , ils ont certes été dirigés mais ils gardent le naturel des enfants lorsqu'ils jouent.

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The song of sparrows (la chanson des moineaux) de Majid Majidi
Desquatre films déjà réalisés par ce cinéaste , j'ai apprécié... les 4 .Ce qui est assez rare pour être noté. Ce cinquième film ne fait pasexception à la règle, il y a une leçon de vie à tire des déboires de cepère de famille licencié, on croirait que le destin se rit de lui , ilen est l'acteur mais à chaque fois aussi le perdant , et pourtant ilapprend de sa famille et de son entourage qu'il faut sans cesseremonter sur selle




Mascarades de Lyes Salem: qui a obtenu 3 prix: le prix du jury enfants, le prix de l'espoir féminin et le prix de la première oeuvre. Et de fait ce film transporte en lui la vivacité de la jeunesse. C'est une comédie légère rythmée menée tambour battant par un scénario et des acteurs qui ont le sens du spectacle  (on reconnait l'influence du vaudeville) . Ca se laisse regarder sans déplaisir



Extrait


Whatever Lola wants de Nabil Ayouch: la présentation de ce film au mondial a été surtout l'occasion d'un plébiscite tardif de Nabil Ayouch qui en 2002 avait eu son dernier film Ali Zaoua en compétition. Ali Zaoua n'avait rien obtenu (on se demande bien à quoi pensait le jury de l'époque) ça a d'ailleurs donné lieu à l'une de ces polémiques gigantesques dont seules fédérations ont le secret. Je parlerai un autre jour de ce petit bijou de film (celui qui ne l'a toujours pas vu a vraiment "perdu la moitié de sa vie") . Enfin bref on se disait que ce deuxième film nous offrirait l'occasion de nous racheter... pas de bol !
Certes c'est un film techniquement et narrativement irréprochable, bonne musique bons acteurs. Bref il me fait penser à un film de Will Smith , non par l'histoire puisqu'il s'agît de l'initiation d'une américaine à la danse orientale par une ancienne star du domaine mais par le côté mécanique bien huilée. Rien de choquant , rien de très polémique (on se demande bien quelle mouche a piqué les égyptiens pour l'interdire de leur festival).
C'est cela d'ailleurs qui l'a perdu pour les prix du festival.

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le destin de zeki demirkubuz : c'est une version très libre de l'étranger de Camus. Sauf que dans celui-ci le héros n'a pas commis de meurtre et s'en sort donc "honorablement". Le point positif du film c'est son acteur principal qui dépeint assez bien le portrait de l'homme absurde qui vit seulement d'ennui et d'envies . Le point négatif c''est le côté argumentatif du texte trop longs. Remarquez bien que je n'ai aucun problème avec les discours , mais encore faut-il qu'ils aient un jeu de scène derrière (pas des bonhiommes avachis sur une chaise) . Hamlet comporte par exemple des textes très longs , mais Brannagh en fait quelque chose de magnifique à regarder et à re-regarder, ce qui est loin d'être le cas ici.




Le sel de la mer de Anne marie Jacir
: Il m'arrive parfois d'avoir un avis complètement à l'opposé de tout le monde, c'est le cas pour ce film par exemple que tous ont trouvé très bien et qui a d'ailleurs gagné je ne sais plus quoi aux JCC , et a été apprécié même par mon journal fétiche "première" . Hé ben moi je ne l'ai pas aimé, je ne dis pas que je l'ai détesté ce n'est pas une catastrophe loin de là. Il y a une bonne histoire (une palestinienne d'origine et de nationalité américaine décide d'aller vivre dans la patrie qu'elle n'a jamais connue) , un bon sens de la narration , mais ça sent trop la démonstration , on a trop l'impression d'être guidé par la main pour penser tel ou tel chose. Non pas que les autres films ne le font pas , mais ils le font d'une manière un peu plus subtile

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Khamsa de Karim Dridi: celui là n'a pas manqué à la réputation qu'on lui a faite , je me rend compte à présent qu'on assiste au renouveau du cinéma tunisien à travers ces cinéastes tunisiens en France, influencés par la maturité du cinéma européen ils savent éviter les éceuils , les sentiers trop longtemps parcourus par nos  cinéastes parcourus par nos cinéastes au pays, ajouté à cela une bonne maitrise technique, des acteurs qui sont le personnage et ne le jouent pas et le tour est joué. Ici l'histoire d'un enfant à moitié gitan à moitié algérien , écorché vif , révolté, débrouillard et pourtant au plus profond de lui même il ne reste qu'un enfant.
Le film a eu le Tanit de bronze et l'espoir masculin pour Marco Cortes jouant l'enfant (et qui le mérite bien d'ailleurs)

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Un si beau voyage de Khaled Ghorbal:
Encore un film sur lequel je ne suis pas d'accord avec... tout le monde . Disons que 99% l'ont trouvé merdique (excusez le mot il n'est pas de moi) alors que je l'ai trouvé plutôt intéressant . Il raconte l'histoire d'un immigré qui aura tout raté, il a quitté la Tunisie pour réussir sa vie échapper un village de la banlieue de Douz, il rencontre en France une espagnole qui est sans doute l'amour de sa vie, rate sa relation avec elle, attrape une maladie apparemment incurable et rate de peu la retraite, retourne en Tunisie pour échapper à une mise à la rue et rate aussi son retour puisqu'il ne se reconnait pas plus dans ce pays qu'il ne se reconnaissait en la France , pire il y est rejeté. Tout cela avec le sourire, un sourire mi-triste mi-résigné. Mais tous cela fait partie du parcours initiatique qui le ramènera chez lui en plein sahara au plus près de la nature nue et brute , ce n'est que là qu'il se départira de son faux calme pour pleurer son honte et être enfin lui même. J'en profite pour remarquer que ça ne fait que la deuxième fois (en comptant la graine et le mulet) que j'apprécie tous les acteurs d'un film tunisien.
Il y a dans ce film, la banalité des gestes quotidiens qu'on peut voir au début de "la graine et le mulet" (encore lui) dans les films nordiques et dans certains films des années 60 , la ressemblance avec ces derniers est encore plus renforcée par la musique : un air de trompette strident . Comment souvent dans ces cas là j'ai en tête un film particulier dont le nom m'échappe complètement. Enfin bref c'est un style très français justement et c'est long il y a une bonne vingtaine de minutes à couper n'en déplaise au réalisateur , sans cette vingtaine de minute le film aurait été quelque chose d'original et sympatique, résultat il n'est que original .

En passant l'acteur principal Farid Chopel était véritablement malade sur le tournage (un cancer foudroyant) et a à peine eu le temps de terminer le film avant de mourir. C'était un artiste complet acteur et chanteur , son dernier spectacle reprenait cette citation: "A force de jouer la comédie on s'imagine que la vie est une farce , c'est vrai, mais il faut y croire, il faut y croire" comme j'ai pas trouvé de vidéo de "un si beau voyage" , je met la dernière pièce de ce
grand acteur
ne far
ce


Summer Book de Seyfie Teoman: C'est un film qui fait penser aux films iraniens par sa structure , sa fausse naiveté , sa concentration sur les plaisirs simples de la vie. Et pourtant il est turc!  l'été d'un enfant qui commence mal ses vacance en se faisant voler son livre parascolaire, aux prises avec un racketeur , une famille qui se désagrège , un père trop exigeant.



Teza de Haile Gerima:
Tanit d'or et il ne l'a pas volé d'après ce que j'ai pu constater à travers les brumes de mon sommeil. Film que j'ai vu in extrémis puisque au mondial durant la clôture et sans invitation et à forces de supplications devant le service de sécurité. D'abord les images que j'ai trouvé magnifiques dans ce film il y a une telle maitrise de la lumière , ensuite la narration pour donner une idée ça m'a fait pensée à "la saison de la migration vers le nord" de Taieb Saleh pour le côté "je saute d'une époque à une autre , d'un monde à un autre tout en maitrisant mon sujet à fond et sans fause note" . Ensuite beaucoup de choses ... les caractères bien dessinés avec une profondeur et une histoire derrière eux . L'histoire en elle même qui suit le parcours d'un chercheur éthyopien parti durant la dictature étudier en Allemagne et qui revient avec l'espoir d'aider son pays et se retrouvé confronté au dogmatisme d'un parti sanguinaire , d'une révolution perpétuelle (ça fait penser tiens au "dernier roi d'écosse même genre d'horreur en moins comique et plus élaboré). On fait des va et vients entre le héros revenu handicapé dans son pays sous la houlette de sa mère confronté aux superstitions/ intolérances villageoises et aux vélleités d'un régime et de rebelles va t-en guerre. la jeunesse de ce même héros en Allemagne entre hypocrisie éthiopienne , et hypocrisie et racisme allemands et sa propre lâcheté , des flashs backs d'une enfance heureuse , et la désillusion et l'horreur du retour en Ethyopie après le putsh.
 Et tout cela sans aucune fausse note. Le jury a parlé de Chef d'oeuvre, je ne suis pas loin de crier au génie






Voilà les JCC c'es fini, je parlerai une prochaine fois de films qui y sont passés mais que j'avais déhà vus

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