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 Ticket to Palestine

29/12/2008


Par référence à "ticket to Jerusalem" de Rachid Macharawi le réalisateur palestinien né à Gaza, voici un petit aperçu des films de ce réalisateur  , étonnant qu'on puisse avoir une telle lucidité dans un tel chaos.

Extrait d'interview
"Because the law was still the Israeli soldier on the street, they can take you, put you in jail, and you are not allowed to ask why. They can forget you inside. But I also discovered early the power of the moving image, and telling about our situation by art, not violence or shootings, but in this language I can tell my story - our story. In this media, it will bring us somewhere."

"Even if I will stay all my life in the camp, I am standing on Jaffa ground in the camp because I'm a refugee with a problem, and we are working to solve this problem. We did not yet, but the problem still exists. But if we did not solve the problem, and suddenly the problem does not exist anymore, than how could we solve it? So when they make this Peace Process I feel like someone takes the ground - which is Jaffa -out from under my feet in the camp. I'm still in the air, on nowhere in the camp, and this connection between me and Jaffa - they cut it. It's clear, any further agreement, they will not talk about Jaffa now, so it is clear that refugees will stay refugees, they will not move anywhere. They will change the title, not of the house, family or neighborhood, just it is not the Israeli Occupation, but Palestinian Authority, or State in the future. It's not Jaffa."

Ticket to Jerusalem
L'histoire est celle d'un projectionniste palestinien qui va de camp en camp de réfugiés pour diffuser des films aux enfants . Une prof l'approche un jour pour qu'il fasse une projection à Jérusalem même . C'est le début de l'aventure, comment être autorisé à entrer à Jérusalem en étant palestinien , comment trouver le matériel nécessaire pour la projection, comment vit une palestinienne dont la propre maison est occupée (elle occupe le rez de chaussée , une famille israélienne le premier étage)
C'est la vie quotidienne et son lot d'exaspérations , de disputes, de petits ennuis , qui sont en réalité le vrai personnage principal de l'histoire.





L'attente




Un réalisateur palestinien , s'apprête à quitter les territoires occupés pour toujours , fatigué de la cause palestinienne , il finit par accepter malgré lui une dernière mission auditionner des acteurs palestiniens dans les camps de réfugier pour le futur théâtre palestinien. Un vrai démarrage à l'iranienne (typique des films iraniens ) somme toute, une situation rocambolesque qui va mener le héros plus loin qu'il ne le veut et dont il va ressortir une symbolique sur les personnalités des individus et les relations humaines. Dans notre histoire donc le réalisateur se heurte à chaque fois à des situations difficiles absurdes pour aller dans les camps de jordanie, du liban , de syrie , etc. Flanqué de deux militants de la dernière heure de la cause palestinienne en guise de cameraman et d'assistante : il demande aux acteurs et pseudo acteurs de jouer "l'attente".

Qu'on se le dise , c'est mon film préféré de Rachid Macharawi, d'abord parce qu'il n'y a pas de pause dans ce film on passe direectement de la crise de fou rire aux moments d'émotions, ensuite parce qu'il donne une idée sur les réflexions et les espoirs des réfugiés des camps qui n'ont qu'une idée en tête rentrer.
Et puis surtout pour la plus savoureuse des fins: l'équipe bloquée encore une fois hors des frontières pour des raisons toujours inconnues demande ce qu'elle doit faire et on lui : "il faut attendre , attennndre..."

Encore un extrait d'interview
Le personnage du caméraman est issu d’une famille de martyrs. Est-ce pour représenter le passage à la guerre des images ?
C’est d’avantage pour moi le moyen de critiquer comment lespalestiniens font du cinéma. Deux de ses frères sont en prison, et sononcle est mort en martyr : si vous cherchez un bon opérateur, unmaître, on vous présente alors une personne dont tout le monde dira« C’est le meilleur ! Il filmait quand Israël a bombardé l’antenne detélévision ! Il a deux frères dans leurs prisons ! Son oncle est morten martyr ! ». Drôle de manière de choisir son caméraman… Ca en ditlong sur notre société.
La journaliste, nièce du directeur du futur théâtre, est-elle moins làpour faire son travail que pour pouvoir passer les frontières et avoirl’occasion de revoir son père.
Comment est-il possible de faire du cinéma dans cette situation, quandtout ce qu’on attend d’un cinéaste est qu’il relaie l’Intifada, lamartyrologie, et supporte le drame palestinien dans son ensemble ? Nousaimerions faire des comédies, des satires, mais c’est impossible aveccet état de faits. Alors j’ai voulu parler de cinéma, du cinémaPalestinien.

Votre personnage principal est très ironique faceà ce projet (imaginaire) de « Théâtre National Palestinien », unThéâtre National pour une nation qui n’existe pas, et dénonce lesfinancements européens.
C’est que la cause palestinienne défendue par l’Europe n’a pour nousaucune valeur. Nous n’avons pas le sentiment d’être soutenus pour quenous puissions à terme maîtriser notre destin, mais de l’être parce quec’est « à l’ordre du jour ».
Si on nous aide à financer une télévision ou une radio par exemple, etqu’un jour Israël bombarde ces installations, il suffit alors pour euxde nous supporter à nouveau pour reconstruire tout ça. La question neserait-elle pas d’avantage de construire la nation palestinienne ?C’est politique, chacun veut être moralement sauf en faisant quelquechose. Alors ils nous aident à bâtir un aéroport, puis lorsque Israëlbombarde cet aéroport construit avec l’argent européen, l’Europe ne ditpas un mot. Idem pour le port de Gaza, bombardé - plus rien - puisremis en chantier. Ils ne nous aident que parce que nous figurons dansleur agenda…

Leila's Birthday



J'avais déjà parlé de ce film très court et sympathique découvert lors des JCC, une journée dans la vie d'un ex-juge intégre et droit actuellement chauffeur de taxi à Ramallah ,  et sa confontation avec les absurdités de l'administration palestinienne et de la vie dans les territoires.

Intervention divine de Elia Suleiman

Celui là aussi j'en ai déjà parlé lors des JCC, faut-il rajouter que je l'adore?



Bande annonce

Un film qui n'est pas palestinien mais qui aurait dû l'être

Private de Saverio Costanzo



Bande annonce

Une histoire qui aurait pu être réalisé par Rachid Macharawi, et qui s'avère être réalisé par un italien  inconnu au bataillon et dont c'était la première réalisation... ça une première réalisation! c'est à ne pas y croire!
Un huis clos qui vous tient en halène du début jusqu'à la fin, où tout à un sens où chaque scène est étudiée. Chapeau!
L'histoire raconte celle d'une famille palestinienne ordinaire habitant dans une villa en haut d'une colline, cette villa est réquisitionnée par l'armée israélienne : ils ont alors deux choix soit rester mais vivre dans une seule pièce de la maison : le salon. Soit partir (c'est d'ailleurs ce que des voisins à eux ont fait) . Le père (campé par le magnifique Mohamed Bakri acteur également de Layla's Birthday) intègre et têtu tient absolument à rester avec toute la famille dans la maison, s'ensuit une cohabitation houleuse entre vexations , peurs,  et dialogues silencieux . Et où chacun réagit différemment : le père dans la résistance silencieuse, la mère dans la panique, le fils dans la violence, la fille au début dans la révolte mais ensuite dans l'observation  de ses curieux voisins , différents et semblables, cachée dans une armoire.
 C'est un microcosme de société qui vit là , le conflit israélo-palestinien dans une villa à un étage, à la fin surtout la réaction des israéliens est celle d'enfants insociables et terriblement seuls sans maison et sans famille qui s'en approprient une et pleurent quand ils doivent partir.


Et last but not least, le seul film israélien que je suis arrivée à trouver en Tunisie:

The bubble de Eytan Fox

Bon , il faut vraiment être muni d'un minimum d'ouverture d'esprit pour voir ce film, et surtout ne pas être muni d'une calculette à la place du cerveau à compter les points entre palestiniens et israéliens.



Pour moi ce film se divise véritablement en deux parties : la première est géniale , la deuxième est trop convenue à mon goût. La première partie donne une idée sur la vie dans la bulle (surnom d'un quartier branché de Tel Aviv) , et l'activité des jeunes israéliens pro-palestine à travers deux jeunes gays et leur copine (hétéro ), leurs confrontations avec les sionistes notamment dans les check points et aussi leurs propres contradictions (bien que la contradiction passe juste en flash), le style est rythmé et arc-en-ciel  façon téléfilm allemand avec les niaiseries mais ces niaiseries appartiennent véritablement aux habitants de la bulle qui se sont isolés de la dure réalité pour pouvoir vivre leur jeunesse malgré tout.
Dans cette première partie également commence le traitement de l'histoire d'amour entre un ancien appelé sur les checkpoints et un jeune palestinien (oui, oui ils sont gays tous les deux) , comment est ce que le réalisateur a réussi à représenter ça, sans fausse note , sans condescendance et sans (trop) d'idéalisme on se le demande .
La deuxième partie , à partir du retour du palestinien chez lui en fait, est à mon avis trop convenue, comme fabriquée spécifiquement, elle ne sort pas naturellement, mais ça n'empêche pas le film d'être à voir.

Bande annonce

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Comments

 clairobscur, le 02-01-2009 à 18:32:34 :

Commentaire sans titre

Mon cher Rafrafi,
il est évident pour moi que tu n'as pas compris mon commentaire qui voulait simplement montrer que la définition de la communauté musulmane est basée sur les mêmes critères que celle de la communauté juive. A ce titre de la même façon que les musulmans réclament le droit à un pays musulman, les juifs eux aussi peuvent ressentir ce besoin impérieux d'être parmi les leurs. Pour cela il fallait voir si oui non les musulmans se définissaient comme peuple ou seulement comme une spiritualité. Si la communauté musulmane se définissait uniquement en terme de pensée religieuse il n'y aurait pas besoin d'appeler un Etat "musulman" , car la pensée religieuse est par essence individuelle et changeante et ne peut définir un état. l'Etat en soit n'a pas d'opinion religieuse. Définir un Etat comme musulman c'est déjà sortir du cadre spirituel pour entrer dans celui du profane et donc du peuple.

Bref merci malgré tout pour votre condescendance, votre maturité qui se voit à la "politesse" de votre commentaire. Et vous informe que non je ne vais pas le supprimer, je ne me prend pas pour un génie ni pour dieu le père sur mon blog , sur lequel je n'effectue aucune censure quelque soit le degré de politesse de ce qui y participent, et du moment que la "politesse" en question ne concerne que ma petite personne ?

RAFRAFI, le 02-01-2009 à 06:23:57 :

Commentaire sans titre

Bonjour Madame ou Mademoiselle J'ai supprimé votre commentaire sur mon blog parce que vous vous posez des questions –excusez-moi- débiles. Non les musulmans ne forment pas un peuple, ils forment une communauté spirituelle tout comme d'autres communauté religieuse. Votre analyse laisse à penser qu'il faut que tous les musulmans du monde (en milliards) doivent aller vivre en Arabie Saoudite et que tous les chrétiens du monde doivent vivre à Jérusalem. Ça se voit que vous êtes novice (or que vous avez 27 ans et vivez en Tunisie où un enfant de dix ans ne se pose pas de telles questions)). Je vous invite à vous documenter davantage et à utiliser votre blog pour étaler vos squelettiques réflexions. Et ce serait mieux pour vous de supprimer ce commentaire. Enfin vous pouvez m'écrire par e-mail (l'adresse sur mon blog) si vous encore des choses à me dire. RAFRAFI

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