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 Europa: bilan des JCE

29/11/2008

Ces Journées du cinéma européen m'ont mis sur les genoux puisqu'ils venaient juste après les JCC , un bon crû malgré tout . L'équipe de Cinéfils c'était chargé de la présentation impeccable d'ailleurs, j'ai vu des présentateurs aux JCC qui avaient l'âge de mon père et s'en sortaient moins bien . Quoique au lieu de nous demander de ne pas faire de photos durant la projection ils auraient mieux fait de nous inviter à ne pas parler durant la projection , puisqu'on a eu droit à de nombreuses discussions à haute voix et en live , un service de sécurité à l'intérieur de la salle ce serait pas du luxe.
Autre bémol la qualité de la projection: trop de films en DVD et trop de couacs dans l'utilisation des DVD's, dommage pour certains films que j'aurai volontiers revu en 35 mm, et pour le film Alice qui a carrément été annulé
Donc voici la première parie du bilan en attendant la fin des JCE mercredi prochain

Les films Européens

Un secret de Claude Miller




Avec une flopée d'acteurs archi-connus : Cécile de France, Ludivine Sagnier, Patrick Bruel...
Mais ce n'est pas ça qui a sauvé le film de l'ennui profond dans lequel il m'a plongé. Certes la mise en scène est impeccable, mais quand on le secret en question est divulgué dès la première demi-heure et qu'on passe l'heure qui reste à ressasser des clichés sur la shoah ... On s'attendait à mieux de la part du réalisateur de Betty Fisher et de la classe de neige.

Bande annonce

Cherry Blossoms de Doris Dorrie




Un film qui suit deux axes: le premier nous parle de la difficulté du deuil et nous apprend à vivre avec les morts. Une femme déjà grand-mère Trudi apprend que son mari Rudi va bientôt mourir et n'arrive pas à le lui dire , et finit par mourir sans le lui apprendre c'est alors que commence pour Rudi le travail de deuil , il accompagne sa femme dans ce qu'elle aime faire et voir , apprend à la connaitre telle qu'elle était, chose qu'il n'avait pas fait de son vivant. Au grand dam de ses enfants , ces grands égoistes qui parlent d'amour en commençant par "moi je" alors que Trudi et Rudi commencent par "elle/ lui"

Le deuxième axe est une célebration de l'esthétisme , la réalisatrice qui est une fan de l'art japonais nous emmène à la découverte de la danse butô , et des cent vues du mont Fuji et de la musique japonaise à travers une magnifique BO (celui qui me trouve le mp3 de Chinsagu no hana de Ryuichi Sakamoto est mon héros)

Bande annonce




Formidable de Dominique Standaert



Une sorte de Road movie gentillet entre un naif au chômage et un père déboussolé tous les deux pris dans des dificultés inextricables et dont ils finissent miraculeusement par sortir. Ce qui aurait pû être très sympa n'était ce des longueurs inutiles en cours de chemin et n'était aussi l'acteur qui en voulant jouer les naifs souriants a fini par me taper sur les nerfs.

Northern Light de David Lammers




Ca fait penser aux frères dardenne par le style , une caméra à l'épaule près du corps qui fouille dans les sentiments des protagonistes sans te guider . Un père et un fils endeuillis qui ont perdu la mère et la fille dans un accident . Un père qui se réfugie dans le mutisme et dans sa salle de sport, un fils qui n'a plus d'autre recours que la provocation. C'est simple et émouvant en même temps. Ca un premier film! je serai curieuse de voir le dixième.

Diari de Attilo Azzola

Des confessions d'adolescents sous forme d'un conte des temps modernes , des Amélie Poulain en puissance , un film qui souffre un peu du manque d'expérience de ses acteurs en majorité des adolescents qu'on a formé sur place . Histoire d'une jeune fille abandonnée par son père dix ans plutôt , lorsqu'il revient elle va suivre ses cours de théâtre incognito, suivi de l'histoire du chagrin d'amour d'un jeune d'origine tunisienne dessinateur amateur  de manga . Les deux protagonistes se retrouvent dans la troisième histoire.



Les figurants de Michal Kewienski

Une radieuse comédie sur le choc des cultures entre une équipe de tournage chinoise et des figurants polonais . C'est très caricatural , léger et ça fonctionne.


 


Something like happiness de Bohdan Slama

C'est mon coup de cœur parmi les  films européens , un vrai plaisir à regarder que cette histoire de jeunes voisins miséreux vivant dans un même immeuble qui s'entraident , souffrent du malheur des autres , il y a tant de personnages à raconter une mère incisive mère poule qui veut assurer le bonheur de sa fille envers et contre tous, le père au chômage bienveillant un brin naif , il y a la tante un brin mamma à l'italienne accrochée à ses pierres, la jeune voisine à moitié folle négligeant ses deux jeunes enfants pour un homme marié, la jeune fille  qui pousse la tendresse jusqu'à prendre ces enfants pour un temps inconnu mettant entre parenthèse son propre avenir . Et puis il y a le jeune voisin sans-le-sous, le crève-coeur celui pour qui vous tomberiez volontiers amoureuse ,  l'épaule secourante ,  le perdant de toutes les batailles.

Et puis il y a le bonheur fragile ordinaire, celui qui transparait en filigrane  dans les insterstices du malheur, celui qui nous échappe des mains à chaque fois, celui qui est espoir. Une mention spéciale pour les acteurs tous parfaits des enfants aux vieillards c'est à ne pas y croire.




Bande annonce en allemand

Extrait

En bonus des MP3 de la BO:
I'm on the corner of your mind
Okolo hradista


Et puis les touristes de Robert Thalheim
Un allemand Sven vient faire son service civil à Auschwitz, il doit s'occuper d'un juif ancien prisonnier du camp dont l'ocupation principale est de réparer les valises de ces anciens compagnons morts et de mettre les bâtons dans les roues de Sven. Une façon bien plus originale d'aborder un thème rabaché cent fois. On y voit comment le devoir de mémoire est traité en buisness quand ce n'est pas en corvée, on y voit l'oubli et la difficile adaptation des anciens, et puis les touristes dans les anciennes rues des baraquements et la vie continue sur le terrain de la mort.




Bande annonce

Un franco 14 pesetas de Carlos Iglesias

Une famille espagnole dans les années 60, le père immigre en Suisse pour trouver du travail, ce filme tendre et drôle est une histoire vraie mais ce qu'on ne nous dit pas directement c'est que c'est l'histoire des espagnols mais c'est aussi la nôtre : l'émerveillement des espagnols devant la propreté , les moeurs et les techniques modernes de la Suisse de l'époque, c'est aussi celui des immigrés tunisiens d'une certaine époque. Le film d'ailleurs finit sur une galerie de photos représentant les immigrants d'hier (les espagnols) , et les immigrants d'aujourd'hui (les africains maghrébins et asiatiques)
C'est simple sans prétentions et efficace, pas mauvais pour une première réalisation de cet acteur espagnol




Films Tunisiens

Cinécitta de Ibrahim Letaief

J'ai bien failli crier Alléluiah en plein film. C'est bien la première fois que je regarde un film tunisien du début à la fin sans avoir absolument aucune remarque sur quoique ce soit. Par quoi commencer!: Il y a l'histoire d'abord une comédie conçue comme une paraodie truffée d'hommages au cinéma italien : La Dolce Vita, le voleur de bicyclette, la vie est belle , je crois avoir reconnu Rome ville ouverte même si je n'en suis pas très sûre. Et les Blues Brothers qui n'est pas italien mais qui s'intègre parfaitement dans l'hitoire , et visa le court de Ibrahim. Il y a une pléiade d'acteurs confirmés Mohamed Aly Ben Jemaa, Dora Zarrouk, Raouf Ben Amor, Jamel Madani... . Puis il y a le sujet : des cinéastes à qui on n'accorde pas de subvention décide de cambrioler une banque s'ensuit une foule de situation plus rocambolesques les unes que les autres, prétexte à tourner en dérision un système inefficace et quasiment tous les travers de la société tunisienne: corruption, culte de la personnalité, khobsisme, religiosité, censure, pudiponderie... d'une façon fine mais aussi tellement systématique que je me demande encore comment il a passé la censure.

Que dire de plus sinon que c'était un vrai plaisir , et vivement le prochain!

Bande annonce




Rapidement les courts et les docus

Le poisson noyé de Malik Amara, je l'avais déjà vu à je ne sais plus qu'elle occasion, comédie très sympatique et rythmé qui se moque en passant de quelques comportements récurrents dans nos enterrements, le plus drôle c'est que même les plus religieux ont apprécié cette comédie un peu borderline

Fooska de Samy El Haj, partie d'une bonne intention faire un truc à suspens et taper sur l'éducation nationale en passant , ce court pêche par manque de crédibilité, difficile de croire à un tel suspens pour un simple examen d'éducation religieuse , du coup difficile de croire au reste , plus quelques comédiens dont l'amateurisme se voit un peut trop

Dix courts dix regards: à diviser en deux : cinq bons voir très bons , et cinq à oublier.
On se contentera des bons: Rite de Emna Boulahya comédie assez originale au scénario bien rythmé avec Mohamed Ali Ben Jemaa dans le rôle principal,  Fée Male de Sawssen Saya: façon théâtre de faux semblants: des à priori sur l'homme à la femme et de ceux qui n'ont pas forcément envie de les suivre. Ciné-Siesta de Alia Nakhli (décidément que des filles) façon hommage au Cinéma paradiso , une scène caricaturale de salle de cinéma lors de la canicule de 2001 où les salles climatisée ont été prises d'assaut par le bon peuple
Lazhar de Bahri Ben Yahmed: comédie à suspens qui rappelle à moitié les films iraniens (la chaussure dans les enfants du ciel de Majid Majidi) qui nous coupe l'herbe sous les pieds vers la toute fin
Zarbout de Ons Kerkeni qui veut opposer l'innocence des enfants qui peuvent jouer avec une bouteille de boissons gazeuzes, aux complications des adultes qui cherchent à rendre l'enfant présentable , là encore ça me rappelle les films iraniens

Ouled Lénine de Nadia El Féni: autant on pouvait s'attendre à quelque chose d'extraordinaire d'après le titre , autant on est déçu puisqu'en fin de compte il ne s'agît que de l'opinion très généralisée de quelques membres du PC sur l'ambiance du parti et pourquoi ils l'ont intégré . Non pas que ce qu'ils disent n'est pas intéressant, mais enfin il n'y avait pas matière pour un film de 1h 24 qui a plus l'air du geste d'une fille à un père qui vieillit (c'est lui même qui dit qu'il vieillit) qu'à un vrai documentaire qui serait entré dans le détail du fonctionnement du parti et du rôle de chacun dedans , du travail quotidien , des missions effectuée , etc.

Rieh de Lotfi Mahfoudh, premier court d'animation, et donc je dirai plutôt bon braucoup d'idées créatives, de la poésie , c'est plus un court pour adultes que pour enfants. L'enfance d'un tunisien des côtes (je suppose du nord ou du cap bon) puis son adolescence , son départ à l'étranger et son retour au pays accompagné toujours par ses amours avec la jeune Mahbouba . De belles couleurs , de bons textes pas, des personnages biens définis, avec un fond comique. Mais malheureusement pas assez de fluidité dans les mouvements des personnages ça fait plus penser à des marionettes qu'à des personnages d'animation

Le projet de Mohamed Ali Hehdi (lauréat du prix Elyes Zrelli aux JCC) : j'aurai sans doute beaucoup plus apprécié cette critique fine et ascerbe de la langue de bois officielle lorsqu'il s'agît de parler de violence et crimes urbains, si les copains des protagnistes n'avait pas gâché la projection par leurs cris et leurs sifflements.

Voilà reste plus que quatre jours, enfin!

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