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Le théâtre fait son cinéma

Le théâtre fait son cinéma

  : Ajouté le 23/1/2008 à 18:23
 Junun de Fadhel Jaibi



Ou la société qui rend fou , coincé entre l'image du père, les "sois un homme", la religion providence et  les peurs et les désirs de tout un chacun privé des mots pour s'exprimer: il y a de quoi le  devenir.
J'avais déjà vu la pièce de théâtre durant mes années fac, j'avais été impressionée par le texte foisonnant lucide qui faisait mouche à chaque coup, impressionnée par le talent fou (c'est le cas de le dire) de Mohammed Ali Ben Jemaa, Jalila Baccar et Fatma Ben Saidane.
Je n'avais donc aucune réticence à le voir en film, même constat je suis toujours aussi impressionnée par ce trio de choc et par  la justesse du texte et pour cause il s'agît tout bonnement de la pièce filmée dans des décors de vie réelle. Alors pour ceux qui ne l'ont pas encore vu courez le voir!

Je serai peut être la seul à y mettre un bémol en tant qu'ancienne spectatrice de la pièce , j'aurai aimé avoir un nouveau regard sur elle, j'aurai aimé pouvoir dire j'ai autant aimé le film que la pièce , ce qui n'est pas possible quand les deux se ressemblent autant (tiens ça me rappelle le dilemne que j'ai eu avec l'immeuble yacoubian). Si le but était de permettre une large diffusion de la pièce , c'est excellent, mais s'il est de créer une autre oeuvre à partir de la pièce je suis un peu dubitative à deux , trois scène près

Comment expliquer cela sans passer pour une prétentieuse qui critique ce monstre sacré du théâtre qu'est Fadhel Jaibi?
- d'abord le spectateur (moi même) est trés influencé par les deux bandes noires qui entourent le film, c'est un code entre lui et l'auteur du film qui veut dire : attention le film commence! Ici sans ces bandes noires j'ai eu l'imrpession d'avoir assistée à une diffusion télévisuelle de la pièce , ce qui évidemment ne rend pas la pièce moins précieuse, mais elle la rend moins cinémagénique je dirai
- ensuite il y a la question du décor : dans une pièce de théâtre il y peut y avoir peu de décor car  ce n'est pas facilement transportable et qui plus est une chaise sous un spot et le noir autour permettent une meilleure mise en valeur du jeu d'acteur. L'acteur doit avoir toute l'attention du public et rien ne doit venir la perturber
Dans un film c'est tout différent: tout a un rôle même la chaise en a un , comment dire j'ai eu l'impression qu'il y avait une véritable contradiction entre le texte la situation de Nun qui sont assez sombres et par exemple la lumière dans la salle jaune de consultation, cette salle vide et ensuite l'attroupement de médecins qui ne servaient en rien la suite du film m'a tellement dérangé que je n'arrivai plus à suivre le texte.
Ce décor en plus sentait tellement le décor de théâtre par tous ses pores que je m'attendais à tout moment à entendre les 3 coups du démarrage de la pièce.
- Dernière remarque ces ballets de médecin, ces mouvements inutiles d'acteurs secondaires sont nécessaires dans le théâtre car ils rajoutent la part d'esthétisme sur les planches généralement simples et nus (du moins c'est mon opinion) mais que signifient-ils dans un film? je ne sais pas et j'ai peur de me tromper en me disant que Fadhel Jaibi a peut être fait un autre genre de film que je ne connais pas : un cinéma théatralisant et que ce que je vois comme des défauts sont certainement un choix artistique de l'auteur que je dois accepter (ce qui ne veut pas dire que je l'approuve)
la bande annonce : http://www.familiaprod.com/bajunun.html

Hia w Houwa de Elyes Baccar



La bande annonce: http://uk.youtube.com/watch?v=MsKVtECFizM

Je suis entrée voir le film sans grandes attentes et j'en suis sortie comblée! c'est dire: j'ai eu l'impression d'assister à un renouveau du film tunisien!
J'ai eu du mal avec les premières 15 minutes, ensuite j'ai commencé à m'émouvoir devant les gros plans de lui et elle couchés chacun séparément, et c'est entré comme une lettre à la poste

D'abord il y a la critique de société, la aussi j'allais m'écrier:c'est nous! quelqu'un parle du jeune tunisien moyen sur cet écran! pasdes pauvres, ni des vraiment riches , ni de la prostituée , ni dumarginal , ni de nos grands parents, ni, ni...
Non pas que ce soit mal de parler de tout ça mais on commençait àdésespérer que quelqu'un trouve le tunisien moyen avec ses peurs, sesobsessions , ses rêves , ses lâchetés et surtout son inaction assezintéressants pour en faire un film.

Qui est lui? mon opinion c'est que lui est justement ce tunisien moyenqui voudrait faire mais n'y arrive pas parce que plusieurs choses, salâcheté , ses peurs, son excés d'idéalisme peut être, perdu il ne saitplus vers quoi se tourner la révolution? la religion? obéir etreprendre sa petite vie d'étudiant puis de petit bourgeois? semasturber parcequ'on a pas le courage de chercher son bonheur et letenir? ou plus globalement dormir ,se cacher sous sa couverture ettenter de dormir?
Qui elle? (encore mon opinion) elle est la volonté , la force qui tentede le réveiller , elle est aussi la mère , la soeur , la liberté qui lenargue et contribue à son humiliation à son émasculation en quelquesorte.

Ensuite la relation de couple , j'ai bien failli crié alléluiah à leurs scènes enfin quelqu'un qui a réussi à nous faire digérer les scènes de couple entre tunisiens, il faut courir donner la recette miracle aux autres :
- Un bol de réalisme dans les regards
- une pincée d'innocence dans le jeu d'acteur comme la découverte par un enfant d'une nouvelle pièce dans la maison familiale
- un grosse louche d'inversement des rôles traditionnels qui parle à la partie cachée de chacun d'entre nous

Bon deux petites remarques avant de passer aux remerciments: j'ai mis le film sous le post "le théatre fait son cinéma" parce qu'au vu du script , du jeu d'acteur (surtout au début du film) ça donne l'impression d'une pièce de théâtre adapté au ciné. Ce serait d'ailleurs pas une mauvaise idée d'aller l'adapter en pièce de théâtre pendant que vous y êtes, la deuxième remarque c'est que si les 15 premières minutes ont été difficile, c'est justement parce que le script durant ce laps de temps était trop théâtre brut

Remerciements: D'abord remercier Mohammed Ali Ben Jemaa et Anissa Daoud  , deux acteurs que j'aime beaucoup déjà (le premier grâce à Junun, la deuxième grâce à 3ors edhib) et qui par leur jeu sobre sans excès ont participé grandement à ce petit miracle.
Ensuite prière au  réalisateur le prochain SVP et le plus rapidement possible


» Catégorie Cinema
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10/3/2008 - Commentaire sans titre

Posté par Phidias

Félicitations pour ton blog et ta critique de films

Pour ce dernier, j'ai eu la chance de le voir à Paris en 2006, et en plus  en rencontrant l'acteur et serrant la main au réalisateur lors du festival du film à l'IMA

un film assez réussi dont hélas je n'ai pas tout compris (étant français)

mais qui est bien décrit dans ton commentaire

un film plutôt intello quand même

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